Thérapeute holistique et coach sportif à Paris
Avant de répondre, une précision importante : je ne suis pas religieuse et ce n’est pas mon rôle de trancher une question de licéité. Ce que je peux faire, en tant qu’hypnothérapeute, c’est vous expliquer très précisément ce que recouvre réellement l’hypnose thérapeutique, lever les confusions les plus fréquentes, et vous donner de quoi poser la question à vos propres références religieuses en toute connaissance de cause.
Ce qui ressort le plus souvent quand on regarde cette question de près : le problème n’est presque jamais l’hypnose en tant qu’outil, mais ce qu’on y ajoute. Une séance centrée uniquement sur un objectif de bien-être, sans aucun contenu spirituel, ne pose pas les mêmes questions qu’une pratique qui flirterait avec l’occulte.
Dans mon cabinet, les personnes viennent pour des raisons très concrètes et n’ont rien à voir avec le culte ou la croyance : mieux gérer leur stress et leur anxiété du quotidien, retrouver de la confiance en elles, mieux gérer leurs émotions, avancer sur un traumatisme ou travailler leur rapport à l’alimentation dans le cadre d’une perte de poids. C’est ce recentrage sur un objectif concret et personnel qui rassure la plupart des personnes hésitantes : on sait où l’on va, et pourquoi.
La méfiance ne vient pas de nulle part. Le mot « hypnose » traîne derrière lui tout un imaginaire de spectacle : le pendule qui balance, la personne qui obéit sur scène, l’idée qu’on pourrait vous « mettre sous emprise ». À cela s’ajoute une confusion fréquente avec des pratiques spirituelles ou occultes, et on comprend vite pourquoi le doute s’installe avant de pousser la porte d’un cabinet.
Les inquiétudes les plus fréquentes que j’entends tournent généralement autour de quatre points : la peur de perdre le contrôle de sa volonté et de ses paroles, la crainte que la transe ouvre une porte vers le surnaturel ou les esprits, le soupçon que le praticien puisse « programmer » l’esprit à l’insu de la personne, et la confusion avec la roqya, le magnétisme ou le spiritisme, qui relèvent d’un tout autre registre. Ces craintes méritent des réponses factuelles, pas des slogans. Reprenons donc calmement ce qu’est l’hypnose thérapeutique, et ce qu’elle n’est pas.
Sur le plan de la connaissance actuelle, l’hypnose est d’abord un état de conscience modifié : ni le sommeil, ni la veille ordinaire, un entre-deux que nous traversons tous naturellement, sans même nous en rendre compte. Vous l’avez déjà vécu : en conduisant sur l’autoroute et en « revenant à vous » plusieurs kilomètres plus loin sans avoir vraiment vu le paysage défiler, ou en étant absorbé par un livre au point d’oublier l’heure. C’est la même famille de phénomènes.
Pendant une séance chez moi, vous :
À retenir : l’hypnose thérapeutique ne fait pas « dormir » et ne prive de rien qui vous appartienne. On ne peut pas être forcé, sous hypnose, à faire ou dire quelque chose qui heurte profondément vos convictions. Mon rôle est de vous accompagner, jamais de prendre les commandes.
C’est sans doute le point le plus important de cet article. Une grande partie des inquiétudes vient d’un mélange entre des pratiques radicalement différentes. L’hypnose thérapeutique n’invoque aucune entité, ne récite aucune formule, ne prétend agir sur aucun monde invisible. Elle travaille uniquement avec votre imaginaire et votre attention.
| Pratique | De quoi il s’agit | Registre |
|---|---|---|
| Hypnose thérapeutique | Accompagnement par la parole vers un état de concentration ; objectif de bien-être fixé par la personne elle-même | Psychologique / thérapeutique |
| Roqya | Récitation coranique à visée de protection ou de soin, encadrée par la religion | Religieux / cultuel |
| Magnétisme | Imposition des mains, croyance en un fluide ou une énergie | Énergétique / croyance |
| Spiritisme | Prétend communiquer avec des esprits ou des défunts | Occulte |
Un praticien en hypnose sérieux ne fait rien de ce qui figure dans les trois dernières lignes de ce tableau. Si un praticien vous propose un jour de « communiquer avec un défunt », de « retrouver une vie antérieure » ou d’agir sur des forces invisibles, vous n’êtes plus du tout dans l’hypnose thérapeutique : vous êtes dans un autre univers, et c’est le moment de partir.
C’est le malentendu numéro un que j’entends. Sous hypnose, on ne devient pas une marionnette. Vous pouvez à tout moment refuser une proposition, ouvrir les yeux, mettre fin à la séance. Les études convergent sur ce point : on ne peut pas amener quelqu’un, par hypnose, à trahir ses valeurs fondamentales. Votre libre arbitre reste intact du début à la fin.
La suggestion n’est pas un lavage de cerveau. C’est une proposition, formulée simplement : « et si vous imaginiez un lieu calme… » Vous l’acceptez ou vous ne l’acceptez pas. Rien n’est jamais « implanté » à votre insu.
Le mot fait peur, mais il désigne simplement l’état de concentration décrit plus haut. Il n’a aucun rapport avec les transes spirituelles ou de possession que vous avez peut-être en tête. Vous restez vous-même, présent, lucide, du premier au dernier instant de la séance.
Une précaution importante à garder en tête : l’hypnose ne soigne pas une maladie et ne remplace jamais un avis médical ou psychiatrique. En cas de souffrance psychique importante, de trouble diagnostiqué ou de traitement en cours, parlez-en d’abord à votre médecin. Pour toute question d’ordre religieux, adressez-vous à une personne de savoir en qui vous avez confiance : c’est à elle, et non à moi, de vous éclairer sur ce point précis.
Sur la licéité de l’hypnose, il n’existe pas une position unique dans le monde musulman. Les avis varient, et c’est normal : on parle d’une pratique récente, que les cadres religieux classiques n’avaient pas sous les yeux au moment où ils se sont constitués. On peut, sans trancher, résumer les grandes tendances que l’on rencontre :
Mon propos n’est pas de vous dire laquelle de ces lectures est « la bonne ». Chacun se réfère à ses propres sources de confiance sur cette question. Ce que je peux souligner, en tant que praticienne, c’est ce point qui revient souvent : le débat porte rarement sur l’hypnose en elle-même, mais sur ce qu’on y mélange.
Quand on écoute les personnes qui réfléchissent sérieusement à cette question, un critère revient sans cesse : l’intention et la finalité de la démarche. Chercher à soulager une souffrance, préserver sa santé, retrouver un sommeil réparateur : voilà des buts que peu de gens jugent problématiques en eux-mêmes. Le trouble apparaît quand la pratique s’écarte de ce cap et se met à promettre autre chose : contacter l’au-delà, deviner l’avenir, manipuler des forces occultes.
Un couteau sert à couper le pain ; ce qu’on en fait dépend de la main qui le tient. L’hypnose fonctionne un peu de la même manière : neutre par nature, elle prend la couleur de l’intention et du cadre qu’on lui donne. C’est pourquoi le choix du praticien et la clarté de l’objectif comptent bien plus que le mot « hypnose » en lui-même.
Si vous décidez de franchir le pas, quelques repères concrets vous aideront à rester dans un cadre clair et rassurant. Vous avez parfaitement le droit de poser des conditions : un praticien sérieux les entendra sans aucune difficulté.
Le bon réflexe : avant votre première séance, dites simplement à votre praticien « je souhaite une hypnose uniquement thérapeutique, sans rien de spirituel ». Sa réaction vous renseignera immédiatement. S’il vous rassure et cadre clairement les choses, c’est bon signe. S’il élude la question, changez d’adresse.
Je ne suis ni guide spirituel, ni guérisseuse, ni religieuse. Mon métier relève du bien-être et de l’accompagnement psychologique. Je n’ai aucune autorité pour vous dire ce qui est permis ou interdit dans votre foi, et je ne m’y aventurerai jamais.
Cette clarté des rôles est saine, et elle protège tout le monde. Vous restez maître de vos convictions, je reste dans mon domaine de compétence, et la séance garde son unique objectif : vous aider à avancer sur un point précis que vous avez choisi. En résumé, la question de l’hypnose en islam ne se règle pas d’un mot, mais elle se pose beaucoup mieux quand on sait précisément de quoi l’on parle. Vous informer était la première étape ; le reste vous appartient.
Non. L’hypnose thérapeutique n’invoque aucune entité et ne prétend agir sur aucun monde invisible. Elle travaille uniquement avec l’attention et l’imaginaire de la personne, dans un but de bien-être. Toute pratique qui prétend contacter des esprits ou des défunts sort complètement du cadre thérapeutique.
Non. Vous restez consciente ou conscient pendant toute la séance et gardez votre libre arbitre. Aucune étude sérieuse n’a jamais démontré qu’on puisse amener quelqu’un, par hypnose, à agir contre ses convictions profondes.
La roqya est une récitation coranique à visée de protection ou de soin, encadrée par la religion : elle relève du registre religieux et cultuel. L’hypnose thérapeutique est un accompagnement par la parole vers un état de concentration, avec un objectif de bien-être fixé par la personne : elle relève du registre psychologique. Ce sont deux pratiques d’origine et de nature complètement différentes.
Non, et c’est important de le savoir avant de consulter. Un hypnothérapeute n’a aucune autorité religieuse. Cette question relève de vos propres références de confiance : un imam, une personne de savoir, ou les sources auxquelles vous faites habituellement confiance sur ces sujets.
Si un praticien vous propose de communiquer avec des esprits ou des défunts, de « retrouver une vie antérieure », ou d’agir sur des forces invisibles, vous n’êtes plus dans l’hypnose thérapeutique. Un praticien sérieux reste toujours centré sur un objectif de bien-être concret que vous avez vous-même choisi.
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